La libération d'Abidjan des ordures ménagères n'est pas totale
Plus d'une semaine après l’expiration du délai de 72 heures accordé par le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, aux opérateurs chargés de la collecte des déchets ménagers, la situation reste préoccupante dans plusieurs communes du district d’Abidjan où les tas d’ordures continuent de s’accumuler. Si des améliorations sont signalées dans certaines zones, notamment dans la commune de Yopougon où des opérations d’enlèvement ont été observées ces derniers jours, le constat demeure globalement mitigé dans d’autres secteurs de la ville. À Port-Bouët, les populations continuent de faire face à une accumulation importante de déchets ménagers. À Gonzagueville, la rue Terre Rouge, au niveau du carrefour Caroligne, est en partie obstruée par des amas d’ordures. La même situation est signalée au marché de nuit de Port-Bouët, à la Maison Blanche ainsi qu’à Vridi-Cité, où les riverains disent ne constater aucun changement notable depuis l’expiration de l’ultimatum. Au niveau d’Attécoubé, les ordures ont été mise à zéro dans plusieurs secteurs que sont 10e arrondissement, Tchapalodrome, Rue Béton, Quartier Espoir, Marché de mangue, SBTA, Biegoussi, Hotel des jeunes, Pharmacie Fatima, Pharmacie Rehoboth, à la grande satisfaction des populations, même s’il reste encore quelques quartiers non encore touchés. A Koumassi, le Quartier Divo, le marché Bacongo, le terrain Inch’Allah, ont été assainis. Mais au niveau du carrefour Zoé Bruno, les bacs d’ordures sont encore pleins et jonchent presque la chaussée. Dans la commune de Marcory, sur le Boulevard Lorraine ( Hôtel Hamanieh) et dans plusieurs secteurs, les ordures ont été enlevées. Mais des poches de résistance existent encore à Anoumabo, le long de la clôture d'ARTCI. Les monticules d'ordures sont toujours visibles. Le marché de Belleville à Treichville est la plus grosse déception de cette opération car, depuis le pont menant au Carrefour Solibra, le spectacle est affreux. Avec des ordures qui s’accumulent, accompagnées d’odeur fétide et nauséabondes qui agresse les narines de tout passant dans cette zone. Sur le terrain, l’absence d’amélioration visible dans plusieurs quartiers alimente les interrogations des habitants quant à l’efficacité des mesures annoncées par les autorités. Plusieurs riverains estiment que l’ultimatum ministériel n’a pas produit les effets attendus car les dépôts d’ordures continuent de croître à certains endroits. Même lorsque les bacs sont vidés, ils se remplissent aussitôt et attendent encore d’être enlevés. Aussi, les petits collecteurs d’ordures de quartiers sont traqués et interdits de déverser les déchets dans les bacs prévus à cet effet. Alors que les populations continuent d’attendre une amélioration durable de leur cadre de vie, la persistance des dépôts d’ordures dans plusieurs communes pose la question des suites que le gouvernement entend donner au non-respect présumé des instructions ministérielles. Le 1er juin, face à la multiplication des dépôts sauvages et à l’engorgement de nombreux points de collecte, le ministre Amédé Koffi Kouakou avait sommé les opérateurs du secteur de rétablir la situation dans un délai de trois jours. Cette injonction faisait suite aux nombreuses plaintes des populations confrontées à une dégradation du cadre de vie dans plusieurs quartiers de la capitale économique. L’expiration du délai de 72 heures, sans retour complet à la normale dans plusieurs zones concernées, relance ainsi le débat sur l’efficacité du dispositif de collecte et sur les mesures de contrôle et de sanction susceptibles d’être appliquées aux opérateurs défaillants. « En matière de collecte d’ordures ménagères, à date, l’Etat de Côte d’Ivoire ne doit rien à personne, il n’y a donc pas de raison pour que les ordures ne soient collectées à bonne date et à bonne heure. On va mettre fin à un certain nombre de choses et je peux vous assurer que beaucoup de choses vont changer dans le domaine de la salubrité en Côte d’Ivoire », a menacé le ministre Amédé Koffi Kouakou, lors d’une séance de travail au siège de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED), le mercredi 10 juin 2026 Cette situation intervient dans un contexte où le défi de la gestion des déchets demeure important dans le district autonome d’Abidjan. La capitale économique produit quotidiennement près de 5 000 tonnes de déchets ménagers, avec un taux moyen de collecte estimé à 54 %, selon les données du secteur. Solange ARALAMON et Lambert KOUAME
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